Lundi 8 février 2010
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14:43
Hier soir vers 20H30, dans un camp de rroms situé sur la commune d'Orly (Val de Marne), un enfant est mort brûlé et sa petite
soeur est entre la vie et la mort (le pronostic vital est angagé).
Stéfan, 3 ans est mort brûlé vit et sa soeur de 15 mois est à l'hôpital Trousseau. Les parents, quant à eux, sont hospitalisés pour brûlures.
Ce n'est pas la première fois qu'il y a des enfants rroms qui meurent dans l'incendie de la barraque où ils vivent. Encore une fois, ce drame est du à la misère, aux conditions de vie dans
lesquelles on les laisse, comme s'ils étaient des sous-hommes.
Les chauffages de fortune peuvent vite embraser toute la cabane, souvent construite de planches et cartons ou plastiques. Pour ceux qui voudraient mieux comprendre, je vous invite à vous rendre
dans le squat de Floirac.
Je demande depuis un petit moment l'accès à l'eau et à l'électricité dans tous les squats de l'agglomération bordelaise. Ce n'est pas un caprice ou un luxe mais uniquement pour éviter des cas comme
celui-ci.
L'eau, au delà de l'hygiène ou de la préparation des repas, peut aussi aider à neutraliser un incendie rapidement, parfois même avant l'arrivée des pompiers.
L'accès à l'électricité dans de bonnes conditions empêcherait les branchements dans tous les sens et sans aucune sécurité ou norme. Ce sont ces pratiques qui sont parfois dangereuses, qui peuvent
entraîner des drames comme celui de la région parisienne.
Mais cette mort, vue de Bordeaux, nous semble bien lointaine. Faudra-t-il que nous ayons aussi nos morts pour être entendus ?
La mairie de Bordeaux a donné l'exemple. J'espère que d'autres (mairies, CUB ou État) le suivront et qu'ils feront le nécessaire pour éviter ce genre de drame.
J'espère que cela n'arrivera jamais mais si cela arrive un jour, personne ne pourra dire "si on savait !". Parce qu'ils savent. Parce que nous le leur avons dit.
Par Mouette Rieuse
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Lundi 8 février 2010
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01:32
Le tire bouchon de samedi dernier du journal Sud Ouest a été l'occasion pour Yves d'Amécourt d'exprimer sa colère concernant le
traitement dont il fait l'objet au Conseil Général.
Je dois dire que j'ai moi-même été attaqué parce que j'ai mis son blog en lien sur Mouette Rieuse car j'ai du respect non seulement pour les gens qui se battent pour un idéal et encore plus quand
ils respectent leur parole.
Des politiques j'en ai connus pas mal, des bien et des moins bien, certains avec le sens de l'honneur, d'autres avec le sens de l'opportunisme et de la malfaisance. Yves d'Amécourt fait partie des
premiers. Je l'avais pourtant égratigné dans ce blog, il m'a proposé de déjeuner ensemble pour en discuter, chacun à payé sa part et sans rien me demander en échange, il m'a proposé son aide pour
faire avancer une situation complexe.
Après avoir hésité assez longtemps, j'ai accepté son offre. Il a tenu parole.
J'ai passé quelques années à militer au PS et jamais aucun élu ne m'a proposé son aide. Enfin, si, Emmanuelle Ajon et Alain Anziani ont été les seuls à le faire sans que je le leur
demande. Pourtant, je n'ai jamais rien demandé ni pour moi ni pour ma famille. Chaque fois que j'ai sollicité un élu, c'était sur des situations difficiles mais qui ne rapportaient pas une
voix aux élections.
Alors, en regardant de plus près je me suis dit qu'Yves d'Amécourt avait raison d'être en colère et indigné par les propos de certains de ses collègues au Conseil Général.
En Gironde, où le pouvoir a du mal à passer d'un camp à l'autre, on a l'impression que ceux qui sont censés représenter le peuple sont devenus ceux qui s'approprient les clés de la maison, comme si
c'était la leur, en oubliant qu'ils ne sont que de passage.
Ce que les socialistes reprochent aux autres, ils le pratiquent à une dose bien supérieure, pour défendre leur territoire et surtout leurs privilèges.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Les privilèges d'un clan, qui sont sous la coupe d'un maître, dont ils espèrent une mort rapide pour devenir maîtres à sa place. Et les prétendants ne
manquent pas. Deux ou trois font partie des favoris et il suffit de regarder les déclarations dans la presse pour connaître leurs noms.
Certains ont été jusqu'à trahir leurs convictions (s'ils en avaient) pour suivre leur maître. D'autres, après avoir espéré un poste ministériel auprès de l'ex-candidate, sont revenus se
repositionner en Gironde surtout après les déboires parisiens.
Ils sont des premiers à défendre le système car ils savent qu'ils ne seront plus rien sans la manne financière du Conseil Général.
D'ailleurs, à force de crier que les caisses sont vides, ils vont finir par voir partir vers l'ennemi certains de leurs amis qui dépendent d'eux financièrement pour entretenir leurs associations.
Pourtant, je ne m'inquiète pas trop pour eux. Il y aura toujours une petite réserve pour les amis et autres soutiens comme ces grosses associations avec plein de salariés mais inconnues du grand
public.
Pour la petite histoire, je connais un président d'association qui a écrit au Conseil Général pour demander qu'on lui adresse un exemplaire de demande de subvention pour son association. Il a bien
reçu le formulaire mais quelques jours plus tard, alors qu'il n'avait pas encore fait sa demande, il a reçu une lettre l'informant qu'aucune subvention ne lui serait attribuée.
Heureusement, la fin des soucis des élus du Conseil Général approche. Ils n'auront plus à se prendre la tête pour savoir où trouver l'argent pour boucler les fins de mois. La réforme des
collectivités territoriales va être mise en place et c'est une bonne chose. Cela devrait calmer l'appétit de pouvoir de certains qui s'accrochent comme des sangsues.
Le ménage qui sera fait permettra peut-être de ne garder que des gens respectueux de leurs adversaires, élus comme eux pour représenter le peuple. Malheureusement, cela, beaucoup l'ont oublié
depuis longtemps.
Par Mouette Rieuse
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Vendredi 5 février 2010
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/2010
23:07
Mercredi dernier, environ 200 bulgares habitant Bordeaux (dont environ 70 dans les squats) étaient convoqués par l'Office
Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) pour leur annoncer la date et heure du prochain avion affrété spécialement pour les conduire à Sofia (capitale de la Bulgarie).
Ces personnes, dont la grande majorité sont des non-rroms, se sont inscrites d'elles-mêmes pour bénéficier de ce que l'OFII appelle un "retour humanitaire".
Le "retour humanitaire" n'a d'humanitaire que le nom. Il a été mis en place par le ministère de l'immigration pour atteindre les objectifs imposés par le président de la république en ce qui
concerne les départs des étrangers. Ces "retours humanitaires" sont comptabilisés dans les statistiques du ministre.
A Bordeaux, il y a déjà eu des départs en nombre mais toujours suite à des expulsions. Celles-ci étant de plus en plus médiatisées et critiquées, le ministère a mis en place via l'OFII des
primes pour ceux qui souhaitent partir. Ces primes étaient de 150 € par adulte et de 46 € par enfant en 2007 et sont aujourd'hui respectivement de 300 € et 100 €.
L'augmentation de la somme distribuée a permis d'intensifier le système pervers de cette mesure mise en place apr le Ministère de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité Nationale. Au lieu
de réduire le nombre de roumains et de bulgares, cette mesure est un échec. Au vu de la situation économique dans ces deux pays, des familles n'ayant jamais mis les pieds en France auparavant, font
le voyage dans le seul but de toucher cette prime.
Ces aides au retour sont d'autant plus absurdes que les bulgares et les roumains, citoyens communautaires, peuvent revenir en France dans l'heure qui suit, s'ils le souhaitent. Ce système pervers
instrumentalise les rroms et abuse d'eux non seulement en les utilisant pour augmenter les chiffres du ministère mais aussi en déstabilisant leur vie, en coupant les liens qu'ils ont parfois
commencé à établir (scolarisation des enfants, etc.).
Les moyens financiers importants utilisés pour ces départs doivent être orientés pour faciliter l'intégration de cette population en favorisant un accueil digne et durable, l'apprentissage de la
langue française, l'accès au logement, au travail ou aux parcours de soins.
L'opération qui se prépare à Bordeaux pour le 16 février à 6 heures du matin coûtera la modique somme de 60 000 € en primes de départ sans compter le prix de l'affrètement de l'avion que je ne
connais pas encore mais pour lequel j'ai engagé quelques recherches.
Plus grave encore, les volontaires au départ seront fichés pendant cinq ans sur le fichier OSCAR. Ils sont censés le faire en connaissance de cause car on leur fait signer un document dans leur
langue... sauf que beaucoup d'entre eux sont analphabètes...
Après la parution de cette affaire dans la presse, je suis surpris du silence des élus de gauche (surtout des parlementaires) dont aucun n'a exprimé son désaccord ou son indignation. Ce
silence ne peut s'expliquer que par la période électorale étant donné que défendre les rroms n'est pas très porteur dans les urnes, bien au contraire quand on connaît les préjugés de la population
vers cette population.
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, des élus de Gironde ont signé l'appel des élus pour la levée des mesures transitoires pour les roumains et les bulgares. Aujourd'hui le silence est obligatoire
ce qui ne m'étonne pas des élus de ce parti qui, une fois au pouvoir, a eu l'idée de créer les centres de rétention.
Mais avec les rroms, les socialistes ne sont pas à un paradoxe près. Il suffit de voir la chasse qui leur est faite dans certaines villes dirigées par les socialistes (ex. : Lyon).
Vivement que les régionales se terminent, au moins la défense des rroms leur fera une occasion de passer dans la presse...
Pour en savoir un peu plus sur ces méthodes, cliquez ici. (Pour comprendre le document, sachez que l'ANAEM a changé
de nom et est devenue l'OFII).
Par Mouette Rieuse
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