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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 07:30
Si Malek Boutih est nommé président de la Halde, certains diront que c'est un signe d'ouverture de Nicolas Sarkozy, d'autres verront cela comme une nouvelle prise à la gauche.

Pourtant, cela fait longtemps que Malek Boutih n'est plus de gauche, s'il l'a jamais été. Plus opportuniste qu'homme de convictions, Abdelmalek Boutih a surtout couru après les mandats et n'a pas hésité à se faire parachuter en Charente pour être candidat aux législatives malgré l'opposition des élus et militants socialistes locaux. 

Proche de Ségolène Royal, il a eu d'importantes responsabilités au PS sans jamais avoir été élu par le peuple. Comme beaucoup d'autres, lors des présidentielles de 2007 et en cas de victoire de Ségolène Royal, ses cartons devaient certainement déjà être prêts pour s'installer dans un ministère.

Malek Boutih veut donner l'impression de représenter la diversité, du moins une génération d'immigrés. Lui qui est né en France, s'est embourgeoisé avant même de fréquenter les VIP socialistes, a surtout surfé sur la vague à la mode qu'ont été les potes de SOS Racisme.

Après la présidentielle de 2007, il aurait été approché par Nicolas Sarkozy pour entrer au gouvernement et aurait accepté avant de décliner l'offre la veille au soir sur les conseils de son mentor, le collectionneur de montres Julien Dray.

Aujourd'hui, il est pressenti pour présider la Halde et certains voient déjà cette nomination d'un mauvais oeil. En ce qui me concerne, je pense que si Nicolas Sarkozy veut discréditer la Halde, la rendre inefficace, la mettre sous tutelle, il ne s'y prendrait pas autrement. Malek à la Halde sera sans aucun doute la porte ouverte aux attaques l'accusant d'impartialité, ce dont le président sortant a su la préserver.

La Halde est aujourd'hui aussi indispensable à la société française que l'eau pour les êtres vivants. Elle ne peut pas servir de tribune à des individus en mal de reconnaissance, elle ne doit pas donner l'impression d'être un instrument d'intégration ou même de discrimination positive.

Si le président de la république veut donner une promotion à son ami, qu'il le nomme à un poste au gouvernement, taillé à sa mesure, par exemple au ministère de l'immigration comme secrétaire d'état d'Eric Besson.

Oui, c'est là que je vois le mieux Malek Boutih. N'a-t-il pas été le rédacteur d'un rapport sur l'immigration, que ses amis socialistes ont refusé, où il préconisait l'instauration de quotas pour l'accueil des immigrés ?

Malek Boutih est un de ces bourgeois de banlieue, bien plus dangereux que le bon villiériste. Donnant l'impression de connaître les immigrés parce qu'ils portent un nom étranger ou que leur couleur de peau n'est pas autochtone, ils sont capables d'aller plus loin que ce qu'on leur demande, pour se prouver qu'ils existent, qu'ils sont indispensables ou même incontournables.

Ce n'est pas son nom ou sa couleur de peau qui sont en jeu, ce qui est en jeu c'est l'indépendance d'une institution, sa capacité à agir sans avoir de comptes à rendre au gouvernement, capable de s'exprimer en toute liberté. Et tout cela, je ne suis pas sur que Malek Boutih soit capable de le préserver, lui, le proche du président, lui qui lui sera redevable à vie s'il est nommé à ce poste.

Si je vous ai parlé du bénéfice que peut tirer le président de cette nomination, je ne sais pas quel plaisir peut-il avoir. Le poisson n'est pas si gros que ça, il est même tout petit et pollué d'avoir nagé dans tellement d'eaux. Il n'y a aucune gloire à prendre un poisson de bassin inutile qu'il ne viendra à l'idée de personne d'essayer d'attraper. Sauf à un président de la république qui voudrait le montrer aux caméras pour donner l'impression aux français qu'il est le meilleur. 

Pour toutes ces raisons, n'hésitez pas à rejoindre le groupe
SOS HALDE sur Facebook !

 
Par Mouette Rieuse - Publié dans : Coup de bec - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 08:00

C'est devenu une habitude, à l'approche des élections, les politiques nous parlent de "vote utile". Une façon d'avouer que chaque camp a besoin de votre vote pour élire un maximum de candidats.

Je l'ai entendu souvent lors des campagnes électorales et j'ai même utilisé l'argument. Alors, le vote utile existe-t-il, oui ou non ?

Oui et non. Il est utile pour celui qui en bénéficie mais ne sert à rien pour celui qui vote. Disons-le franchement : le politique n'a rien à faire du français qui a voté pour lui.

L'électeur n'est qu'un petit élément de ce système qu'on appelle démocratie, destiné à nous faire croire que le peuple a du pouvoir, que tout se fait par sa volonté. En réalité, tout est fait pour asseoir le pouvoir des plus forts tout en donnant l'impression aux plus faibles d'être importants. Le vote est le moyen de légitimer la prise du pouvoir. De cette façon, tout se fait en nom du peuple mais... sans le peuple.

Certains électeurs, pleins de bonne conscience, vont encore voter même s'ils votent blanc. Pourtant, les votes blancs ne sont pas pris en compte (ils sont comptabilisés avec les nuls). Seule l'abstention peut être un moyen de faire entendre sa voix. Ne pas aller voter est certainement ce qui contrarie le plus les politiques.

Le jour où il y aura 90 % d'abstention, alors ils commenceront à se poser des questions. Pour l'instant, il y a encore une grande minorité qui n'a pas compris que les politiques ne servent pas à grand chose. D'ailleurs, comme disait Jean Lassalle dans un article de Libé Bordeaux, la grande majorité des français pense que les politiques sont "les derniers à croire que [ils servent] à quelque chose".

Oui, les politiques sont "dans un théâtre d'ombres, à jouer un rôle qui n'a plus aucune fraîcheur". Souvent mauvais acteurs, ils essaient de nous convaincre de les nommer pour les Césars.

Leur mauvaise prestation est certainement à l'origine que beaucoup d'électeurs confondent les enjeux des élections, ne sachant parfois même pas quelles sont les compétences des collectivités dont ils vont élire les représentants. Ils ne connaissent pas les enjeux, ils confondent politique locale et nationale et c'est comme cela qu'ils votent bêtement pour un parti au lieu de voter pour des hommes ou des femmes.

Dans le cas des régionales, la gauche récolte les fruits de la mauvaise politique nationale de la droite et peut espérer que ce vote sera un vote sanction contre le gouvernement.

Cette méthode fait la part belle au PS et les autres partis de gauche n'en ramasseront que les miettes. C'est un système dangereux qui laisse peu de place à l'expression des différentes opinions et qui tue la vie politique par une bi-polarisation de l'électorat.

Les majorités absolues ne sont que rarement bonnes et le fait d'être obligés de faire des alliances de gouvernement tirent souvent vers le haut les politiques menées par les exécutifs.

Le vote pour les régionales approche et il est encore temps de vous poser quelques questions avant d'aller voter, si vous allez voter. Ne vous laissez pas abuser par les cris alarmistes des candidats.

Et surtout, avant d'aller voter, posez-vous la question : le vote utile existe-t-il ?

Par Mouette Rieuse - Publié dans : Campagne électorale - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 00:11
Pendant des années, au PS, j'ai entendu parler du droit des femmes. Tout le monde faisait semblant de s'y intéresser mais il suffisait de regarder les petits sourires pour comprendre que ce ne n'étaient que des foutaises.

Cela occupait les rares féministes qui pendant ce temps-là on n'entendait pas gueuler sur d'autres sujets. Elles étaient bien les seules à croire que leurs réunions pouvaient faire avancer quelque chose.

Et c'est vrai que cela n'a jamais rien fait changer pour la condition féminine. D'ailleurs, les femmes qui participaient à ces réunions n'étaient presque jamais à plaindre, souvent fonctionnaires de catégorie A ou B, parfois élues, rarement des ouvrières ou petites employées.

Elle ne connaissaient pas la vie de la caissière de supermarché, qui commence sa journée à 8 ou 9 heures du matin pour la finir à 21 heures. Certes, elle ne travaille pas 12 ou 13 heures de suite mais comme sa coupure déjeuner fait deux ou trois heures, elle reste sur son lieu de travail, ou à proximité, parce que les trajets coûtent cher et le temps ne lui permet pas de rentrer chez elle. Je ne vous parle même pas du salaire.

Elle ne connaissaient pas non plus la vie de la femme de ménage, qui se lève très tôt et se couche très tard. Elle travaille quand les autres sont partis ou ne sont pas encore arrivées. Pas de formation professionnelle et aucun espoir de voir une promotion dans sa "carrière". Parfois, la femme de ménage travaille chez le particulier qui la prend pour une esclave. Je pourrais vous raconter des épisodes de vie, vécus par les femmes de ménage de la bonne société bordelaise. Un jour peut-être...

Elle ne connaissaient pas non plus celle des employées des restaurants, corvéables à volonté, à la vie de famille souvent éclatée, encore plus fragiles, qui non seulement doivent être rentables mais qui doivent accepter les contraintes de ce travail difficile pour pouvoir le garder.199_0.jpg

Oui, ces femmes, comme beaucoup d'autres, sont souvent sans formation, parfois seules avec des enfants dont les ex ne paient pas les pensions alimentaires. Mais cela, ces femmes politiques n'en savent rien. Elles imaginent que les problèmes que les femmes rencontrent sont de tout autre ordre.

Elles pensent que de nos jours, les seuls obstacles que rencontrent les femmes, c'est de ne pas être candidates pour être élues, au point qu'il faut des lois sur la parité. Oui, c'est cela le seul problème des femmes. Et les autres ? Toutes les autres ?

Je ne pouvais pas ne pas vous parler des femmes tsiganes. Cela fait presque trois ans que j'observe leur condition de femmes. Elle n'est pas enviable même si elles semblent être heureuses.

Souvent elles subviennent seules aux besoins de leur famille, les hommes ne trouvant pas de travail et ne voulant pas mendier, sauf pour les plus âgés. Elles font parfois quelques heures de ménage ou de repassage (très rarement) mais l'essentiel de leurs journées est la mendicité. Auparavant, elles ont accompagné les enfants à l'école.

Leurs journées sont rythmées par la lessive à la main, la vaisselle, le ménage, la préparation des repas. Parfois, l'homme dont la journée n'a pas été des plus dures, lui rappelle qu'elle est là pour ça, pour prendre quelques coups aussi.

Les jeunes filles vont à l'école en primaire et sont déscolarisées dès l'âge du collège. En trois ans, je n'ai jamais réussi à convaincre les parents de scolariser une seule jeune fille en collège. Elles doivent faire la manche très tôt, victimes des choix politiques discriminatoires à l'encontre de leurs parents.

Les femmes tsiganes sont de loin celles qui ont le moins de droits. N'ayant jamais travaillé, pas de retraites non plus. Des femmes de 77 ans font encore la manche pour survivre. Illettrées, sans parcours professionnel, sans aucune couverture sociale, elles sont à la merci de la charité des autres, qui sont parfois choqués que des vieilles femmes ou des enfants fassent la manche, sans comprendre, sans chercher à comprendre.

Les femmes ont une vie difficile. Pas seulement les tsiganes. Il n'est pas rare de voir dans le tramway bordelais des femmes  fatiguées, qui s'endorment quelques instants pendant le parcours de retour à la maison, sachant qu'après leur journée professionnelle, une autre journée commence.

Ces femmes-là travaillent dur, elles souffrent en silence, comme on le leur a appris. Et elles ne savent pas que dans les partis politiques, d'autres femmes, se réunissent pour obtenir des lois qui ne viendront jamais. Elles s'en foutent car, désabusées de la politique, elles savent que cela ne changera rien à leur vie.

Femmes, je vous admire ! Et aujourd'hui, encore plus qu'un autre jour, je veux vous dire que je vous aime !
Par Mouette Rieuse - Publié dans : Moments intimes - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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