Parti Socialiste

Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /2008 23:06
Je vous avais dit que je n'allais pas écrire sur le parti socialiste dans les jours qui viennent.

C'était bien mon intention. Cependant, un commentaire sur un billet précédent m'a donné envie de poser la question.

C'est quoi être socialiste ?

D'après Césaire (l'auteur du commentaire), être socialiste c'est de ne pas chier dans son nid.

J'ai été surpris par cette définition du socialisme et même du militantisme. Un socialiste est avant tout un militant.
Mais quels sont les critères pour être socialiste ?

Payer une cotisation ? Coller des affiches ? Distribuer des tracts ? Participer à des réunions ? Faire le lèche-bottes avec les élus ? Proposer des idées capables de mettre au point un projet politique fiable pour le pays ?

C'est peut-être tout cela à la fois. Mais certainement pas, à mon avis, de la fermer et faire le petit soldat au garde à vous aux ordres du chef. Je pense que les socialistes ne sont pas comme cela.

Alors, si Césaire pense qu'il "ne faut pas chier dans le nid", invoquant la possiblité de s'exprimer, j'aimerais que les socialistes qui fréquentent ce blog (il paraît qu'ils sont nombreux), m'expliquent qui a le droit de se prononcer au nom du PS. Quels sujets peuvent être abordés par les socialistes sans "chier dans le nid" ?

Est-ce que seulement Jacques Lang ou Claude Allègre, des socialistes bien connus et que personne n'a eu le courage de virer du PS, peuvent s'exprimer au nom des socialistes ? Et les socialistes qui ne s'expriment qu'en leur nom propre, n'ont-ils pas le droit de dire ce qu'ils veulent ? Ou risquent-ils d'être sanctionnés ?

Pour être socialiste, il faut payer une cotisation. Certains la payent, d'autres pas. D'ailleurs, d'une fédération à l'autre, d'une section à l'autre, les prix des cotisations ne sont pas les mêmes. Il y en a même certains qui se font payer leur cotisation par d'autres. Le prix de leur vote vaut bien quelques euros.

Etre socialiste est-ce coller des affiches ou distribuer des tracts ? Laissez cela aux petits militants qui n'ont rien compris à la haute politique et qui croient que le mérite socialiste est proportionnel au nombre d'affiches collées ou de tracts distribués.

Etre socialiste est certainement participer à des réunions où sont présents les grands élus et où chacun peut montrer tout son art dans le cirage de pompes ?

Etre socialiste est aussi impressionner ses petits camarades de temps en temps en leur expliquant qu'il faudrait faire comme ceci ou comme cela mais que celui qui donne les conseils est incapable de les mettre en pratique.

Etre socialiste est certainement bien plus que cela. Depuis longtemps, être socialiste est être fonctionnaire, gagner correctement sa vie, défiler lors des manifestations du 1er mai, faire un don aux candidats lors des campagnes électorales et surtout se donner l'impression (et même en être certain) que l'on défend les plus pauvres, les ouvriers et tous ceux qui ont un statut social inférieur au vôtre.

Pour Blum ou Jaurès, être socialiste c'était autre chose. Révisez vos classiques et remettez-vous en question.
Par Mouette Rieuse - Publié dans : Parti Socialiste
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 12:47
Interviewé sur RMC il y a deux jours, le député européen Vincent Peillon, a déclaré que le Parti Socialiste devrait sortir de sa direction "une dizaine d'individus qui sont éternellement malfaisants".

"Des individus qu'on connaît, qui ont été de toutes les combines, qui sont assis au secrétariat national depuis 25 ans et qui sont généralement ceux qui font les constructions les plus compliquées à l'occasion des avant-congrès".

Vincent Peillon nous fait là des révélations que, je suis sûr, même les socialistes ne soupçonnaient pas.

Des êtres malfaisants qui s'amusent à faire des constructions compliquées avec des legos au conseil national ?

C'est bien dommage qu'il n'ait pas donné de noms. Faudra-t-il attendre encore 25 ans pour connaître ces individus ?

 Lors de leurs funérailles, peut-être !

Enfin, il y aura toujours Peillon pour garder leurs âmes...

Au fait, les socialistes, je vais vous laisser un peu tranquilles. Depuis le buzz de La Rochelle, il paraît que vous pensez que je suis socialiste. La confiance règne entre vous.
Par Mouette Rieuse - Publié dans : Parti Socialiste
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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /2008 16:56
Bien sûr, l'actualité du week-end m'oblige à faire un nouveau billet sur l'université d'été du PS à La Rochelle.

Il est vrai que ce qui ressort de la lecture de la presse sont bien les manoeuvres et complots pour prendre la tête du parti socialiste au mois de novembre et pourquoi pas, être désigné candidat socialiste aux présidentielles de 2012.

Si on y prête un peu d'attention, on peut se demander si les rapports de force ne sont pas en train de bouger et que des vieux barons comme Philippe Madrelle n'ont pas eu raison de ne pas signer de contributions en attendant les mouvements de troupes.
Et mouvements de troupes (surtout d'officiers), il y a. Tout le monde fait la danse du ventre à son voisin avec l'espoir de le séduire. Et ça marche.

Henri Emmanuelli et Benoît Hamon sont prêts à s'unir à Martine Aubry ou à Laurent Fabius.
Hollande est courtisé par Delanoë mais ne semble pas trop emballé.

Chez les strauss-khaniens c'est carrément le divorce. Alors que Jean-Christophe Cambadélis semble plutôt sensible au chant de Martine Aubry et de Laurent Fabius, Pierre Moscovici parait  de plus en plus isolé. Même son copain Arnaud Montebourg le croise sans le saluer.

Il se pourrait que les "éléphants" soient une chance pour le PS s'ils arrivent à calmer les jeunes lions aux dents de lait. Laurent Fabius a l'air de tirer son épingle du jeu et s'impose comme faiseur de rois.


Mais La Rochelle semble aussi, cette année, être une université d'été où les socialistes travaillent.
L'atelier sur l'Europe a fait prendre conscience du retard des socialistes dans la construction européenne et du  manque d'unité dans la politique du PSE qui fait que la droite est majoritaire et dirige l'union européenne depuis de longues années.

Des idées fort intéressantes émmergent et des leaders comme Laurent Fabius sont écoutés plus que jamais et semblent revenir sur le devant de la scène grâce à des interventions d'une grande qualité.
Dans son discours, il propose pour l'Europe une "clause de sauvegarde sociale", la mise en place d'un "programme d'investissement européen" pour relancer l'économie et la "création d'un espace de recherche européen". Des propositions nouvelles dont l'Europe a besoin. 

Bernard Poignant, pour sa part, préconise que les députés européens socialistes se spécialisent et ne cumulent pas. Il invoque un devoir de lucidité.

Pierre  Moscovici parle de "crise d'identité" et fait état d'un "besoin d'Europe, d'une Europe de gauche".
Il propose de mettre en place une "Europe qui promeut, qui émancipe et qui protège".

Le secrétaire général du PSE, fait état de la nécessité d'un programme socialiste pour l'Europe qui prenne en compte les facteurs de développement, sociaux, d'environnement, de politique étrangère, de citoyenneté ou d'immigration responsable.

Espérons que cette Europe là ne laissera pas sur la route des minorités victimes de racisme, de guerres ou autres discriminations. L'Europe est multi-culturelle et colorée, elle doit protéger tous ses membres. Elle doit aussi faire en sorte que le niveau de vie de tous prospère et que les richesses soient distribuées avec équité sans laisser personne sur le bord de la route.

Ce n'est pas le cas actuellement avec la politique agricole commune dont les bénéficiaires sont surtout les grands propriétaires et dont sont exclus les petits agriculteurs qui en ont le plus besoin.

J'espère donc  que ce cette université sera utile, que les socialistes auront compris le travail qui les attend et que ce week-end à La Rochelle ne soit qu'un entraînement pour le congrès de novembre.
Par Mouette Rieuse - Publié dans : Parti Socialiste
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Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /2008 15:39
Tout le monde s'agite autour de l'université d'été du parti socialiste à la Rochelle.
Les socialistes bien sûr, mais surtout la presse, perverse au point de faire croire aux français que cette manifestation est une étape importante pour le PS.

Autant être clair, l'université d'été du PS, n'est pas un lieu de travail, de recherche ou tout simplement un  endroit où l'on peut apprendre quelque chose.
Elle sert surtout à vérifier s'il n'y a pas eu de responsables morts pendant l'été de canicule, d'accident d'avion ou de noyade. D'où beaucoup de déceptions.

Pourtant, l'invitation à cette université faisait état de travaux "Pour une alternative crédible". Drôle de titre. Cela veut-il dire que jusqu'ici le PS n'était pas crédible ?
L'objectif de ces travaux d'été sont doubles : réflechir sur les enjeux économiques et sociaux français et sur les futures élections européennes de 2009 ainsi que sur la formation des militants.

L'année dernière, éblouis par le rayonnement de la madone dans les médias, beaucoup de français ont adhéré au PS. Manque de formation et de prise en mains dans les sections, beaucoup ont été dégoûtés de la politique à jamais. Ils pensaient, prenant leur carte, effectuer l'acte politique le plus important de toute leur vie. Ils n'ont fait que contribuer à la défaite de la gauche dans l'élection présidentielle.

Ils sont arrivés et ils ne comprennaient rien ni à la politique ni au fonctionnement des partis politiques. Ils sont partis et ils ne comprennent toujours rien. Ils ont oublié que la politique est faite aussi de coups tordus, de trahisons, d'egos surdimensionnés, de vassaux et de maîtres.

Revenons à la Rochelle. Ayant fait le constat des survivants de l'été, les ténors se doivent de parader.
Les journalistes sont là, attendant la petite phrase assassine comme des chiens attendant un os, ne s'intéressant absolument pas aux réflexions qui peuvent être faites dans les ateliers. Les responsables politiques peuvent discourser sur les plus grandes idées, seul le fait de savoir qui chacun d'entre eux va soutenir lors du congrès les intéresse.

Mais le congrès c'est en novembre. Et d'ici là, il y aura encore beaucoup de coups bas. Soyons patients.

L'université de la Rochelle est surtout une sorte de festival de la politique, avec des centaines de journalistes et beaucoup de caméras. Un peu aussi comme une émission de réalité qui ne dure que quelques jours.
Des politiques bronzés avec des lunettes de soleil (pour se faire remarquer), des bouffons qui se placent derrière les stars pour qu'on les voie à la télévision, des agitateurs de banderoles du MJS (les futurs professionnels de la politique qui font allégeance).

Et puis, des réunions soi-disant secrètes, afin de nouer des alliances ou bien de mettre en place des plans de bataille pour les mois qui suivent.

Tout un folklore qui donne l'image négative d'un parti loin des inquiètudes des français. Un parti d'élus et de fonctionnaires où les ouvriers, les noirs, les arabes ou tout autre étranger (et souvent les femmes) n'ont pas leur place. Un parti qui s'essouffle comme un asthmatique qui vient de monter quelques marches. Les militants s'en vont, les élus sont de plus en plus isolés. S'ils ont des responsabilités locales, ils sont adorés par une cour de militants alimentaires qui sont incapables de leur rappeler les réalités.

Cette année, tous les socialistes prétendants au poste de calife se sentent obligés d'être présents.
Ségolène Royal ne fait que l'ouverture. Timidité ? Modestie ? Peur peut-être d'être sifflée par les militants. Elle ne devrait pas s'inquièter, seuls ceux qui ont les moyens de se payer le voyage et le séjour sont présents. Les autres, chômeurs, rmistes ou quelques ouvriers, ne seront pas dans la salle pour lui rappeler la triste réalité de la majorité des français. Mais Ségolène pense peut-être avoir tout dit dans son livre "Si la gauche veut des idées". Un peu gonflé d'utiliser ce titre pour celle qui n'en a pas (des idées). Sans les forums participatifs, elle n'aurait jamais été en mesure d'avancer trois idées dans le même mois.

Mais Ségo veut certainement se faire remarquer par son absence. Elle se dit (et elle a raison) que les médias parleront plus d'elle si elle n'est pas là. Encore une fois, elle veut l'appui des socialistes mais en restant à l'écart des activités des socialistes. Ce ne serait pas étonnant que lors de son prochain meeting fin septembre, les réseaux de la ségosphère et de désirs d'avenir soient réactivés pour remplir je ne sais quel stade. J'ai l'impression que Ségolène a honte de se montrer avec les militants socialistes.

Delanoë quant à lui, conscient de l'intérêt que lui portent les médias parisiens, va pavoiser (quoi de plus normal à la Rochelle !) et essayer de jouer de sa mentalité méditérranienne afin de se faire le plus grand nombre d'amis (et surtout de soutiens). Prêt à faire alliance avec tout le monde même s'il doit y perdre son âme pourvu qu'il soit désigné en novembre. Il a même convaincu l'ermite de l'île de ré de venir sur le continent pour nous dire qu'il est toujours en vie.

Martine Aubry a bien compris que les socialistes ont besoin de mettre un peu de féminité au conseil national et pourquoi pas à sa tête. C'est un effet de mode, certes, mais certainement un besoin des militants fatigués par des dirigeants responsables du laxisme ambiant ou du laisser-faire et laisser-dire de dirigeants irresponsables qui, chaque fois qu'ils s'expriment dans les médias, font perdre 50 000 voix au PS.

Et les autres, DSK (trop occupé aux USA), Laurent Fabius en embuscade mais en train de préparer son plan d'attaque, Moscovici (je l'avais oublié, celui-là !), ils seront présents dans l'esprit de tous parce qu'ils comptent encore beaucoup de soutiens au sein du PS.

Moscovici, à mon avis, a peu de chances d'être l'heureux élu en novembre. Son discours ne semble pas être celui d'un fédérateur mais plus un discours de division, de mise à l'écart des socialistes qui ne lui plaisent pas.

Alors la Rochelle c'est quoi, au juste ?

Un peu de tout à la fois mais surtout une grande guignolade.
Une grande réunion de famille aussi (4500 participants).
Par Mouette Rieuse - Publié dans : Parti Socialiste
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