Vendredi 18 septembre 2009
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L'art n'a pas de prix, surtout quand on est riche.
Il semble qu'il n'ait pas de prix non plus pour les élus. Trois exemples bien précis dans notre belle ville de Bordeaux. La maison des Kabakov (La maison aux personnages) située au milieu d'un
rond point place Amélie Raba Léon (à côté de l'hôpital Pellegrin) et qui a coûté la bagatelle de 563 000 € ou la colonne de Theimer place de la Victoire construite pour la modique somme de
plus d'un million d'euros et la nouvelle star bordelaise, la passerelle Kawamata.
Vous en avez certainement entendu parler, ne dites pas le contraire.
Toute la presse en parle et aussi bien les politiques que les chameaux du cirque Pinder se sont précipités pour passer dessus avant tout le monde. Coïncidence ?
La passerelle que, paraît-il, tous les bordelais aiment déjà et qui, comme les chameaux, ne manqueront pas de prendre d'assaut dès l'inauguration officielle, est la seule partie visible du grand
évènement dont on nous parle depuis des mois, Evento.
C'est gratuit, nous dit Alain Juppé, tout fier.
Heureusement que c'est gratuit parce que Evento nous coûte 4,2 millions d'euros et si en plus il fallait payer...
Revenons à la passerelle, cette oeuvre d'art contemporaine qui, semble-t-il coûte 400 000 euros. Si, comme les chameaux, vous avez envie de passer dessus, faites-le dès l'inauguration car elle sera
démontée juste après Evento qui, je vous le rappelle, ne dure que du 9 au 18 octobre 2009.
Mais des passerelles Kawamata il y en a un peu partout. Regardez un peu sur la toile et vous vous rendrez compte qu'en fait, les passerelles c'est sa spécialité.
Je ne connais rien à l'art mais je vois l'état de certains quartiers de la ville, l'état de santé sociale dans laquelle se trouve toute une partie de la population (25 % de pauvres à
Bordeaux) et je pense que les sommes considérables gaspillées au nom de l'art ou de la culture pourraient être utilisées dans l'économie bordelaise pour venir en aide à cette population.
Certes, il faut des évènements culturels, certes, il faut des oeuvres d'art mais je pense qu'il faut être raisonnable dans l'acceptation des devis des artistes parce qu'il s'agit d'argent
public.
Peut-on, au nom de la culture, payer des sommes énormes une structure sans aucune utilité qui sera démontée dans quelques jours ?
Ne serait-il pas plus intelligent de distribuer cette somme aux associations qui créent du lien social, qui font de la médiation, qui encouragent à la pratique sportive, qui font sortir les
habitants de leur quartier parfois un peu triste ?
Le politique doit parfois faire des choix sans se sentir obligé de subir l'influence des médias.
Je me demande d'ailleurs, si les élus savent toujours pour quoi ils votent. J'ai demandé à quatre élus, de différents bords politiques, quel était le coût de la passerelle Kawamata. Aucun ne
connaissait le montant.
D'ailleurs, les chiffres que j'avance, je les ai trouvés sur le site de différentes institutions qui d'ailleurs annoncent des montants différents les uns des autres.
Je suis peut-être le seul à me demander quel est le sens artistique de cette passerelle mais ce n'est pas grave. Au moins, il se passe quelque chose à Bordeaux, me dira-t-on. Même quand les acteurs
culturels bordelais sont mis à l'écart...
Par Mouette Rieuse
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Publié dans : Coup de bec
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