Jeudi 1 octobre 2009
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Aujourd'hui c'est le grand jour pour les socialistes.
Ils vont voter pour la rénovation du parti socialiste. Enfin, pas tout à fait quand même.
Ils vont en fait voter sur un certain nombre de questions que leur pose la direction du parti, questions dont la plupart n'ont pas raison d'être étant donné que la direction a déjà mandat pour
mener à bien un certain nombre de missions sans avoir de nouveau à demander l'avis des militants.
Pourtant, il y a deux questions plus importantes que les autres et auxquelles les militants n'ont pas encore été invités à donner leur avis. Il s'agit des primaires pour désigner le candidat à
l'élection présidentielle et du non-cumul des mandats.
Je pense que les militants vont répondre oui à ces deux questions. Tout le monde sera content et ils n'auront pas avancé d'un centimètre.
En ce qui concerne les primaires, si elles ont lieu sous forme de spectacle médiatique diffusé à 20H30 à la télévision, je crains que le ridicule de 2007 se renouvelle et que l'image donnée soit
plus négative que positive.
Pour ce qui est du cumul des mandats, les militants voteront pour les limiter mais ce vote ne sera pas suivi d'effet.
D'abord, la question est mal posée car seuls les parlementaires sont concernés par cette mesure. Autant dire que cela est injuste et il faudrait l'élargir aux autres mandats. Ainsi, nous avons
plusieurs cas sur l'agglomération bordelaise où un maire est aussi vice-président de la CUB et vice-président du conseil général ou régional.
Il a ainsi trois mandats importants (même si le poste à la CUB est la conséquence de son mandat de maire) et on est en droit de se demander comment il arrive à les assumer correctement. Parfois, il
a même un travail dans le privé en plus.
Cela ne vous a pas échappé qu'un député avec un mandat local en plus peut assumer peut-être mieux ses mandats que celui qui ne l'est pas mais qui occupe quand même trois postes très importants.
Mais je crains surtout que cette mesure ne soit que destinée à calmer la colère des militants et qu'elle ne soit pas suivie d'effet. Les "grands" élus locaux, sont presque tous opposés à ce que
cela devienne effectif car il sont les premiers concernés.
Dans tout cela, seuls les concurrents, ont intérêt à ce que cela passe car ils auront de cette façon la possibilité d'affaiblir les grands patrons sans leur tenir tête directement et ainsi
s'attirer leurs foudres.
Trois exemples en Gironde. Philippe Madrelle, sénateur et président du Conseil Général ainsi que Alain Rousset, député et président du Conseil Régional et Michel Sainte-Marie, député
et maire de Mérignac. Ils sont tous les trois concernés par cette question du non-cumul des mandats.
Si les militants votent oui à cette question, ils devraient abandonner un de leurs mandats. Pas de suite rassurez-vous. Tout est prévu pour que cela finisse aux oubliettes.
D'abord, je pense qu'ils refuseront de démissionner d'un des mandats et personne ne pourra les y obliger. Ensuite, ils argumenteront que s'ils abandonnent le mandat local, la collectivité passera à
droite. Ensuite, et là aussi c'est un faux argument, ils diront qu'un élu national doit avoir un mandat local pour ne pas perdre le contact avec les électeurs.
Tout cela est du pipeau ! Rien n'empêche un parlementaire d'aller à la rencontre des électeurs comme ils saven,t le faire si bien lors des campagnes électorales. Les marchés, il y en a toute
l'année. Non, monsieur le député, les marchés ne sont pas créés juste pendant les campagnes électorales pour que vous puissiez aller voir les gens à ce moment-là.
Rien n'empêche aussi le parlementaire d'aller faire un tour dans les quartiers, à la rencontre des commerçants et des gens qui y habitent. Rien n'empêche le député d'aller rendre visite aux
ouvriers sur leur lieu de travail, d'aller visiter un hôpital sans les journalistes, d'aller à la rencontre des professionnels pour avoir leur avis sur telle ou telle question.
Tiens, par exemple, si les députés se donnaient cette peine, ils se rendraient compte que la baisse de la TVA qu'ils ont votée ne sert qu'à engraisser le compte en banque des patrons des
bars-restaurants. J'ai vu il y a quelques jours un établissement qui affichait fièrement la baisse du prix du café qu'il vendait avant la baisse à 1,80 €.
Si les parlementaires sortaient un peu à la rencontre des habitants, ils auraient ce "pied sur le terrain" et pourraient se rendre compte de ces anomalies.
Alors aujourd'hui, les militants socialistes vont voter. Et demain, tout continuera comme avant, ou presque.
On en reparlera...
Par Mouette Rieuse
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Publié dans : Parti Socialiste
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