Dimanche 8 novembre 2009
7
08
/11
/2009
22:54
Le Collectif pour le Droit des Enfants Roms à l'Education est né il y a quelques semaines à l'initiative du
Collectif Romeurope, impliqué depuis de nombreuses années dans la défense des droits des roms.
Vingt ans après la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, ce collectif a lancé un appel, mercredi dernier, en faveur de la scolarisation des enfants roms vivant en France.
Ils sont aujourd'hui plusieurs milliers à rester à la porte de l'école, sans pouvoir y entrer pour tout un tas de raisons. Les 5 à 7000 enfants roms présents en France aujourd'hui sont
arrivés ou arriveront à 16 ans sans avoir jamais, ou presque, été à l'école.
L'exclusion de l'école constitue presque la norme pour les enfants roms présents en France, plus encore qu'en Roumanie ou en Bulgarie. Pour les quelques enfants répertoriés comme scolarisés, ils
s'agit d'une parenthèse, elle-même chaotique, entrecoupée par les absences et les retards.
Seuls 10% des enfants roms présents en France sont scolarisés.
Pourtant, l'exclusion de l'école des enfants roms n'est pas sans conséquences, comme de voir s'éloigner toute perspective d'insertion sociale et économique à l'âge adulte, de se trouver exposé en
permanence à différents dangers liés à l'absence de sécurité dans les squats et bidonvilles comme aux activités de rue ou bien encore d'être privé d'un repère spatial et temporel important,
dans un quotidien marqué par les préoccupations de survie.
Tant que la présence d'enfants soumis à l'obligation scolaire n'impose pas aux pouvoirs publics de garantir la stabilité des familles, les enfants roms n'exerceront jamais leur droit à l'éducation
en France de façon effective et durable.
La présence d'enfants scolarisés sur un lieu de vie n'est jamais, ou presque, prise en compte par les préfectures ou les tribunaux dans le cadre des procédures d'expulsion. Le quotidien des enfants
roms en France est ainsi régulièrement interrompu par les évacuations des lieux de vie cumulées parfois à des mesures collectives d'éloignement du territoire national avec proposition d'une aide au
retour "humanitaire" qui favorisent les va-et-vient pays d'origine/France à tout moment de l'année scolaire.
Ces évènements répétés empêchent le plus souvent une réscolarisation et occasionnent des traumatismes graves chez les enfants dont les répercussions sur la scolarité sont bien identifiées par les
enseignants.
Par Mouette Rieuse
-
Publié dans : Immigration
-
0
-
Recommander
Derniers Commentaires